02 août 2012

S...comme sec !

J'ai déchiré toutes les pages du carnet.

J'ai perdu le taille crayon.

Le chat a joué avec la gomme et impossible de savoir dans quelle cachette improbable il l'a laissée.

J'ai jeté l'encre par la fenêtre.....il y a une coulée turquoise maintenant sur le mur blanc.

Rien ni fait...je n'arrive plus à trouver les mots à les poser....je suis à sec...

Je reviens et je reprends l'ouvrage...mais la source s'est tarie....

Ecrire c'est comme la course....il faut s'en cesse s'entraîner. Il faut persister...il faut imposer....il faut travailler....il faut contraindre l'esprit comme on contraint le corps pour obtenir le meilleur (ou le moins mauvais, je laisse le choix...).

Je n'écris plus, je ne cours plus non plus d'ailleurs.

Les mots se refusent à moi et pourtant mon esprit bouillonne....

Le souffle me manque aussi....j'ai tenu une longueur d'allée avant de m'arrêter, plier en deux, écarlate, crachant toutes mes cartouches de Malboro Light...

Il faut que je R comme repartir.

 

30 juin 2012

P....comme c'est pas gagné...

Lettre de l'éditeur ce matin au courrier...

En bref, il aime le style, le rythme, l'écriture.....

MAIS...

Pas assez de cohérence dans les nouvelles....trop coq à l'âne....(j'avoue qu'il n'a pas complétement tort...je passe d'une sérial killeuse amatrice du Gréco à des lapins qui se transforment en lapin garous les nuits de pleine lune en passant par une collectionneuse de tickets de métro....)...

Moi je le trouvais cohérent mon monde loufoque et imaginaire....

Il faut que je reprenne ma copie...

...l'été arrive, je vais retourner buller en Bretagne....moment parfait pour ressortir mon crayon à papier et mes cahiers....et travailler, travailler, travailler...

27 novembre 2011

A comme Alsace...

Curieux comme je joue avec les rues et les places.

 

Je contourne, je détourne, je change de trottoir. Je fais des détours incroyables....il y a trop de coins qui me rappellent....

 

J'évite tous ces lieux, la boulangerie, le restaurant sur la place, le libraire, le traiteur italien, le café en haut de l'escalier.

 

Je ne veux rien savoir, rien revoir...je veux oublier. 

 

Et pourtant ce soir, mes pas ont été plus rapides que moi...je me suis retrouvée à l'entrée du vieux café, de "notre vieux café".

 

Je suis entrée...et pourtant le lieu n'est pas si accueillant... un vieux café parisien avec le patron figé derrière le bar et la serveuse qui traîne la patte en grommelant...un café qui ne veut pas changer et qui se contrefout du mot "branché.

 

Je suis allée m'asseoir à la même place qu'avant...sur la banquette rouge.

 

Je ne me suis pas mise en scène, je n'ai pas sorti mon livre, mon carnet et mon crayon à papier...je n'attendais personne...autant rester simple.

 

J'ai posé mes deux mains sur le bois usé de la table.

 

Derrière le bar, le patron me regardait.....il a dit "un ballon d'Alsace, c'est ça ? " , "c'est ça" ai-je répondu.

 

Il a  posé le verre entre mes mains posées (elles aussi) à plat sur la table.

 

J'ai toujours aimé les verres pour le vin d'Alsace....le long pied vert et le ballon avec ses petites grappes de raisin ciselées...il faut dire que j'ai la beauté modeste.

 

J'ai regardé mes mains...mes ongles, trop courts, les peaux rongées....plus de vernis écalarte...plus la peine.

 

J'ai regardé le verre...je l'ai saisi et levé, heureuse de constater que je ne tremblais pas.....j'ai avalé la moitié du verre...reposé le verre...je l'ai repris et je l'ai vidé....

 

J'ai tourné la tête vers le comptoir, capté le regard du patron..."la même chose, s'il vous plait"....

 

Il est venu avec la bouteille, je lui aurais bien demandé de la laisser sur la table et puis non....cela aurait trop ressemblé à une scène d'un mauvais film.

 

J'ai vidé le verre, me suis levée pour régler...

 

4,50 euros, il a dit ?

 

Pour 2 verres ?

 

Non pour un seul...le second c'est pour moi....après tout vous êtes une habituée....

 

Merci alors...

 

Je suis sortie, j'ai remonté mon col, installé mon sac sur mon épaule....il avait raison le patron, j'étais une habituée, maintenant c'était mon café...

06 novembre 2011

B comme boucle....

Me revoilà au point de départ...éperdue et follement en colère....

Après le parano des Ardennes....il y a eu le menteur du 20ème...

J'y ai cru....je faisais ma maligne et j'assurais tête haute et talons frémissants "que oui, oui...cette fois je gérais....que je tenais les brides et bien fermement..."....

Que nenni, le bougre était fourbe....

Il y a eu d'immenses aller et retour....je t'aime, ni un peu ,ni pas du tout..toi non plus...moi non plus d'ailleurs....des heures grises d'autres un peu moins....il y a eu des flots de paroles....des mots, des idées....des envies, des fous rires, des clins d'oeil....et ma carte bancaire qui disait toujours oui....

Il y a eu....des spasmes (assez peu au final) et des fantasmes....attache moi, fouette moi...si ça t'enchante....

Il y eu des enfilades de couloirs, de miroirs, de tableaux.....comme à Marienbad...il y a eu le vide et le non sens.....

Il y a eu ta pseudo liberté...négociée à grands coups de petits arrangements....l'argent pour toi n'a jamais eu d'odeur même pas celle de ma sueur....

Je pourrais peindre d'un trait gras et puissant...tout ce temps perdu....tous ces mots enfuis....disloqués...

Hier soir...tu as joué ta dernière scène.....tu as fait salle pleine.....le public fut conquis....mais c'était une représentation unique, la scène est close, les pendrillons tombent en poussière... tu ne recevras aucune aumône pour ta misérable prestation....

Tu n'es rien....strictement rien.....