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  • Téléphone

    C'est chouette le progrés ! un petit machin de 168 grammes et vous arrivez à joindre tout le monde.

    Enfin... surtout tout le monde arrive à vous joindre.

    Parce que vous...vous n'arrivez à joindre personne, malgré votre envie de parler, d'être écouter.

    Ca doit être ça vieillir, vous devenez une oreille...vous n'avez plus droit aux états d'âmes...vous êtes vieille et une vieille ça se doit d'être réfléchie, posée...plus le droit de dire "non, pas envie...", plus le droit d'avoir les boyaux qui se nouent.

    Depuis 45 minutes, j'essaie sans succès de trouver quelqu'un à qui parler...mais personne...

    Je suis seule chez moi, malheureuse comme une pierre...

    Il ne me reste plus qu'à me verser un autre truc alcoolisé, prendre encore un autre truc pour dormir, pour oublier, pour passer à autre chose.

    Tomorrow is another day...

     

  • ELLE

    medium_Bert-Stern.jpgHier dimanche, rdv devant le musée Maillol pour l'exposition "Marilyn, la dernière séance".

    59 clichés du photographe Bert Stern. 59 clichés sur les 2571 pris. Clichés pris quelques jours avant qu'ELLE disparaisse.

     Ces photos sont le résultat de deux nuits de poses et de plusieurs bouteilles de champagne éclusées pour faire passer....pour faire passer quoi d'ailleurs ? Cette immense envie de vivre, d'être aimée, d'être reconnue pour autre chose qu'une blonde à forte poitrine...

    Je l'ai croisée, j'avais 12 ans...lors d'une séance du ciné-club de mon collège...je n'ai vu qu'ELLE sur la toile...ce n'était pas son meilleur film certes : River to no return. ELLE était radieuse, lumineuse. Et puis il y a eu Niagara, Bus Stop, Some like is hot, ..., Let's make love et puis...les  Misfits. Toujours plus belle, toujours plus lointaine malgré ses sourires convenus et ses déhanchements sur commande, toujours plus seule, incomprise, malmenée, méprisée par les uns, adulée par les autres. Depuis ELLE m'accompagne partout : sur les rayons de la bibliothèque, au-dessus de mon lit où ELLE s'étale sur un poster immense, allongée sur l'herbe...et même dans ma salle de bains...

    ELLE qui quarante quatre ans après sa mort est toujours aussi présente. Comme le dit très justement Télérama : il y a toujours quelque chose à découvrir, un secret, un bout de film, une expression inédite...

    Ensuite pérégrination dans le Marais, un saut chez Zadig et Voltaire...sniffff n'ont plus ma montre : rupture de stock...nouvel arrivage en..........octobre arghhhh !

    Une glace chez Edouar Baer qui n'était pas là, resnifff (par contre un régal : mon choix latte, chocolat et café).

    Puis nous avons retrouvé dfp qui lui non plus n'a pas trouvé sa montre !!!

    Un arrêt chez "Et vous" où j'ai failli étrangler la vendeuse qui me regardant des pieds à la tête m'a asséné un "en S ça va être juste quand même..."  je dois être bien fatiguée, je n'ai pas trouvé le moindre truc bien cassant à lui retorquer. J'ai pris le débardeur en "M" et il me semble qu'il est un peu serré au niveau des hanches...ne transformerai-je pas en barique, finalement ? Vais finir chez Karting à ce régime (enfin régime wouafff, waoufff, waouafff).

    Un dernier verre au petit "Trésor" (un seul vin blanc au verre : un chardonnay pas terrible...,et des toilettes repoussantes) très décevant.

    Et puis nous sommes partis chacun de notre côté, vacquant à nos petites affaires...

    Il est 21 h 10 ce lundi, je suis seule chez moi. Il pleut en Bretagne. J'ai envie de parler...

     

     

     

  • La robe de mariée - Part 3

    Cette fois le sort en était jeté, j'avais la robe de mes rêves d'enfant...une pure merveille, une folie....une robe digne d'une héroïne de Cukor.

    Compte-tenu du trou abyssal dans mon budget, j'allais devoir la jouer "serré" pour le reste, tout le reste....les chaussures, la lingerie, les accessoires...La femme de la boutique m'avait donné quelques conseils : "faire sobre, la robe se suffit à elle-même, éviter la surcharge, juste une paire d'escarpins hauts et pointus, une étole de mousseline crème et rien d'autre". J'optais pour le minimum côté lingerie également, un boxer en dentelle ivoire et une paire de bas en soie de la même couleur. Je m'imaginais déjà faire tomber ma robe à mes pieds, puis la repousser d'un coup d'escarpin et attraper mon mari par son noeud papillon pour l'embrasser sauvagement....dieu que j'étais donc naïve !

    J'ai déniché des escarpins, acheté quelques mètres de mousseline au Marché St Pierre.

    Et le grand jour est arrivé comme ça, rapidement, dans un éclair...pas eu le temps de réaliser.

    Le matin, céromonie civile à la Mairie de Versailles, je m'y suis présentée vêtue d'un tailleur classique, jupe plissée et veste croisée, collants clairs et chaussures à bouts ronds...la parfaite image de la brue de bonne famille.

    Et puis, il y eu le coiffeur....les cheveux tirés, lissés, un chignon banane hyper laqué et juste sur l'oeil une mèche retournée au fer à friser...juste pour le clin d'oeil : la mariée n'est pas aussi lisse qu'il y paraît ! Et le maquillage, rien de virginal dans le trait d'eye liner et le rouge profond peint sur mes lèvres.

    Et je me suis retrouvée planquée à l'arrière de la Mercedes...envie de fuir, plus envie de jouer...la crainte de l'erreur, du mauvais choix...ce moment que j'avais tant espéré, appelé, brusquement je doutais.

    Père m'a demandé assez froidement de descendre de la voiture : "arrêtes ton cirque, tu es ici, inutile d'espèrer de défiler, nous ne sommes pas dans un de ces films stupides dont tu te délectes !"

    Je me suis retrouvée dans la travée, au bras de mon père.

     

  • La robe de mariée - part 2

    Effectivement il y avait un problème, un os...et un gros.

    Pas d'étiquette sur la robe...mais sa facture  me laissait supposer que son prix allait m'arracher un cri.

    Je fermais les yeux à nouveau et les réouvrais..je posais mes poings fermés sur mes hanches....j'adressais un baiser la bouche en coeur au miroir. Il fallait que je redescende sur terre, cette robe superbe n'étais pas pour moi.

    "Et bien...merci Madame, mais je crois que cette robe n'est pas pour moi. Je n'ai absolument pas les moyens d'une telle folie".

    La femme qui venait de visser une cigarette dans son porte-cigarette en nacre, sortit un briquet en or. Elle alluma sa cigarette et fit claquer le briquet en le refermant...."Foutaises, pures foutaises !" me répondit-elle en exhalant une longue bouffée de fumée.

    "Jeune dame, cette robe vous va parfaitement...elle vit sur vous. Je ne suis pas née de la derrière pluie...et ce que je peux vous affirmer c'est que votre venue ici ne doit rien au hasard. Il s'agit d'une rencontre..."

    ...elle est bien gentille Cruella, pensais-je en moi même...en attendant, je n'ai pas un sou devant moi et je ne peux pas me lancer dans cette folie...

    "Jeune femme, je ne vais pas vous donner cette robe, ni même baisser son prix...simplement je vous accorde le droit de la régler à tempérament...à votre rythme"

    Je réfléchissais. Je crevais d'envie de dire "oui". Je tournais l'affaire dans ma petite tête. Je levais les yeux et rencontrais le regard de mon amie...ses lèvres bouger en silence 'mais dis oui, dis oui !".

    Je tendais la main à la femme pour sceller notre accord.