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Petits rendez-vous avec le monde.... - Page 3

  • Retour en douceur et sur la pointe des pieds...

    Je regarde les notes...cela fait longtemps que je n'ai pas traîné ici....

    Et puis mon ami Amine s'est décidé à déposer de nouveau sur cette plateforme ses "vagues à l'âme"...je le lis et l'envie revient aussi...d'aller au delà de statuts de quelques mots ou en 140 caractères maxi.

    Je regarde le jardin...demain soir, je serai à Paris.

    L'été a été tranquille et serein, loin de l'agitation et des fêtes...j'ai eu peur au début de ne pas résister au vide....et puis au final, tout va bien, j'ai passé 3 semaines douces et tranquilles....

    Je vais revenir ici, j'en ai envie...

    Il s'est passé tant de choses ces derniers mois, il est temps de poser les mots dans ce lieu et de regarder vers demain.

    To be continued...

  • F.....comme foirail.....

    Le foirail... un lieu

    C'était quoi au juste ? 

    En face de la petite maison d'Esther et Louise, il y avait le foirail.....une pente douce avec des arbres....

    Devant le foirail....une petite cahute.....et devant la cahute....une sorte de balance....grande, large....

    Cette balance servait les jours de marché aux bestiaux (Esther et Louise vivaient en plein coeur du Périgord Vert.....on élévait la limousine, une vache au pelage brun-roux)....

    Gamine, je voyais le foirail changer de couleurs au fil des saisons....

    .....et de juin à octobre.....il y avait "les gitans" qui venaient s'installer sur le foirail....

    J'ai des souvenirs imprécis....des roulottes, des hommes au regard sombre, des femmes aux jupes multicolores, des enfants partout, des chiens.....

    Les "gitans" étaient là pour travailler dans les fermes et les champs....

    Je me rappelle que je traversais souvent la rue, pour aller jouer avec les gamins des roulottes...ni Esther, ni Louise n'ont jamais émis la moindre objection, la moindre remarque...

    Dans le village, les portes des maisons restaient ouvertes comme à l'accoutumée....

    A l'école, nous retrouvions d'une année sur l'autre les "gitans"....

    J'étais fascinée par les couleurs, les bijoux, je trouvais les femmes belles.....

    Le soir parfois, j'entendais le son plaintif de la guitare....

    Nous ne sommes jamais devenus amis.....mais nous avons toujours eu du respect les uns pour les autres...

    Et jamais la moindre disparition de poule..

     C'était un temps d'hier....

    Ce temps d'hier.....qui jamais ne reviendra.....

  • Poupoupidou....

    pidou....

    ça va un peu trop vite en ce moment....

    la femme orchestre....

    qui court partout (ma cheville va mieux, merci bien)

    ....j'adore ça...quand tout va vite.....quand les journées ne sont pas assez longues....quand j'ai envie d'ajouter des heures aux 24 heures.....

    arriver tôt au bureau, partir tard....

    déjeuner avec une copine en terrasse en profitant des derniers jours de soleil

    sauter dans un jean et une chemise à 1 h du matin pour retrouver des amis dans Paris

    et se retrouver à 6 heures du matin sur un boulevard, entrer dans un café et prendre un chocolat avec des croissants

    faire un gâteau au chocolat en pleine nuit....

    compter les jours....bientôt je vais me remettre à courir

    vider ma penderie et organiser une braderie avec les copines

    se rendre compte que cela fait plus de pffffff x jours que je n'ai pas pensé à truc.....

    bref vivre enfin et donner de la joie autour de moi....

    assumer mon grain de folie

    être zinzin quoi :-)

  • Coup de pinceau....

     

    Ce qui suit est juste un petit exercice...écrit d'une traite...sans relecture et sans grand souci de ma part de la tournure des phrases, du vocabulaire ou de la concordance des temps...

    Texte écrit en 2006....

    Et puis me revoilà à reprendre certains textes écrits.....et à les republier ici chez moi....

    Pourquoi....? parce que j'arrive à repenser à mon passé...à l'avant....

    Je sens que je vais de mieux en mieux....

    Je suis différente, je ne serai plus jamais la même....ce qui est brisé est brisé....ce qui a était détruit... est détruit....

    Mais qu'importe....je respire, je regarde le ciel....je vis.....

    Après la douleur, les nuits blanches, les questions sans réponse....les doutes, la culpabilité....j'ai cru que j'allais sombrer dans la haine, le mépris.....

    Mais non....je suis bien au delà de cela.....

    Je suis en paix.....

    -0-0-0-0-0

    Elvira.

    Il fallait bien admettre que ce prénom, c'était la seule chose pour laquelle, elle pouvait remercier ses parents. Elle avait échappé aux improbables Cindy, Cassy ou Jessy.

    Pour le reste, elle avait composé avec les coups et les cris.

    Très tôt, elle avait donc appris à adopter un profit bas, à ne pas la "ramener" comme disait son alcoolique de père.

    A la maison, pour se protéger, elle avait donc décidé d'être muette ou presque. De se contenter de quelques borborygmes ponctués de mouvements de la tête du bas vers le haut ou de droite à gauche....ce qui faisait dire à son père que cette gamine avait du vent entre les oreilles.

    Il n'y avait qu'à l'école qu'Elvira se révélait, où enfin elle se sentait en sécurité. Mle Pumkette l'institutrice s'était immédiatement prise d'affection pour cette fillette, trop grande. trop enveloppée.

    Chaque soir après l'école, Mle Pumkette et Elvira parlaient littérature et peinture. Peinture surtout,  Elvira avait eu le coup de foudre, un soir, pour une toile du Gréco "Martyre de Saint Maurice". Depuis, elle n'avait qu'une idée en tête, devenir peintre.

    Bien évidemment, le soir où -rompant son voeu de silence- elle avait annoncé la nouvelle à son père ; celui-ci lui avait répondu par une bordée d'injures et quelques coups de ceinturon.

    Elvira replongea dans son mutisme et se mit à peindre sur tous les supports imaginables : cartons, enveloppes usagées, palette de bois...elle peignait frénétiquement utilisant sa tête et ses mains pour crééer des couleurs à partir de rien : herbe coupée, terre, bouchon brûlé, jus de baies et parfois aussi un peu de sang de poulet ou de lapin quand sa mère décidait d'améliorer leur ordinaire.

    Il y eut d'abord la période figurative. Elvira peignait les animaux : lapin, poule, chat, vache....Mais ses essais se révélaient assez peu satisfaisants...ses animaux ressemblaient presque tous à de grosses courgettes avec des pattes en allumettes...

    Elle se décida donc pour une peinture plus abstraite. Elle tentait de mettre sur le papier les agitations de son coeur et de son esprit. Elle peignait des arabesques, des tourbillons, des vagues. Le trait était lourd, puissant, dérangeant parfois...

    A 17 ans, Elvira décida qu'il était temps pour elle, de quitter son village de bouseux et de partir tenter l'aventure vers la ville. Peindre était sa vie, ailleurs elle allait la mener.

    Elle embarqua donc dans un bus direction New York....

    Elle s'installa dans un petit appartement d'Alphabetville sur l'avenue B.

    Un boulot alimentaire de serveuse lui permettait de survivre, payer son loyer et s'acheter toiles et couleurs.

    Les toiles s'accumulaient dans son appartement, mais le succès et la reconnaissance n'étaient toujours pas là.

    Un jour en désespoir de cause, prise d'une crise de folie, elle décida de jeter aux ordures toutes ses peintures.

    Elle entassait les toiles sur le trottoir quand un homme l'aborda...il s'appelait Max Deguelt, il était français, de passage à NY pour ouvrir un galerie d'art contemporain à Chelsea, 25th St.

    Elvira le toisa depuis son 1 m 80..."bien-sûr" lui répondit-elle "et...j'ai vraiment l'air d'une demeurée ?"...

    6 mois plus tard, elle exposait....le succès fut immédiat....

    Les critiques, le public, tous étaient sous hypnose face à ces toiles immenses peintes de rouge, de brun et de noir.

    "Puissante, déroutante...habitée...vivante, dérangeante, engagée...." sa peinture bousculait les esprits.

    Bien évidemment, elle était sollicitée quotidiennement...tout le monde voulait connaître son parcours, ses sources d'inspiration...mais surtout ses secrets de fabrication de peinture...comment arrivait-elle à créer autant de puissance, de vie...

    Elvira répondait d'un sourire serein "un secret est un secret...".

    Certains soirs, on la voyait sortir revêtue d'un jogging, portant un sac à dos. Elle se mettait à courir sur le bitume. Aucun journaliste en repérage, n'avait réussi à suivre ses longues foulées.

    Elle courait jusqu'à en perdre haleine. Elle n'avait trouvé que cette solution pour faire taire le tumulte de son esprit. Elle courait éperdument...

    Un soir, plus particulier que les autres sans doute, elle stoppa sa course soudainement, elle savait déjà que sa quête serait bénéfique.  Il était affalé cuvant un mauvais vin. Elle s'approcha de lui, l'odeur de crasse et d'urine ne la rebutait pas, elle était là pour poursuivre son oeuvre. Elle se pencha en avant, s'assurant que l'homme dormait profondément et elle sortit de son sac à dos, un cutter et un flacon. Un geste rapide de la main, la jugulaire tranchée, l'homme se vidait de son sang, de sa vie...elle remplissait le flacon, souriant dans le vague, imaginant déjà une prochaine toile.

    Quand elle se releva, elle entendit un faible couinement...pas encore mort se demanda-t-elle ennuyée...elle se pencha en avant et découvrit, sous le manteau de l'homme, une minuscule boule de poils, un drôle de chien croisement improbable entre un caniche et un hérisson. Elle soupira...prête à tordre le cou de la bestiole...et puis elle se ravisa...après tout ça lui ferait de la compagnie dans son immense loft.

    Elle fourra l'animal, baptisé dans l'instant Gréco, dans son blouson et reprit sa course.

    En courant, elle s'imaginait répondre aux journalistes curieux "mes toiles sont vivantes dites-vous...pourquoi ? car j'y mets de la vie, tout simplement !"