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oubli

  • O comme oubli...

    Au départ, rien de vraiment grave. Il ne s'agissait que de quelques décalages, quelques absences, des ruptures du temps qui ne duraient pas plus que quelques secondes.

    J’étais allongée sur mon lit à lire et je reprenais conscience, soudainement, le nez dans le frigo à chercher un yaourt ou  j’oubliais ma station de métro et me retrouvais sur un quai deux ou trois arrêts plus loin. Je perdais temporairement le contact avec la réalité. Mais ce n’était que quelques miettes de temps perdus dont je n’avais aucun souvenir. Pas de quoi s’alarmer.

    Je mettais cela sur le compte d’une fatigue passagère, des nuits d’insomnie, un peu de surmenage professionnel et des questions sur ma vie personnelle et privée qui n’avaient pas encore trouvé de réponses…

    Je me disais que je décrochais physiquement et intellectuellement pour faire un peu le vide, pour aérer mes neurones encombrés. Un peu de sommeil, quelques jours de vacances…la solution était là, je n’en doutais pas.

    J’aurais pu vivre ainsi encore longtemps avec ses oublis, ces " cut " de l’espace temps. Pratiquement, je trouvais cela comique…j’appelais ces pertes de mémoire " mes moments lunaires ".

    Seulement voilà, brusquement….j’ai commencé à perdre la notion du temps plus souvent et plus longtemps. J’étais sur le périphérique et je me retrouvais garer dans une ruelle d’une commune du Loiret. Ma montre me signalant alors que j’avais perdu conscience de la réalité pendant 2 voire 3 heures. Partie pour un rdv chez le dentiste, je me réveillais en train d’arpenter les allées du Louvre…ou alors j'étais, sans savoir comment, à la caisse du supermarché mon caddy rempli de pots de moutarde, de mouchoirs en papier et de paquets de farine.

    J’ai commencé à flipper sérieusement quand tous les deux jours j'avais droit à une livraison interflora de bouquets d’œillets jaunes. Constatant les débits de ces livraisons sur mon compte bancaire, j’ai décidé qu’il était temps de passer à autre chose, surtout que je déteste les œillets.

    Mais qui voir ? ? ? sans passer pour une folle…

    Je me lançais donc dans l’étude des pages jaunes sur internet.